TEST – Cyberpunk 2077, deuxième partie

BIENVENUE DANS CYBERPUNK 2077
4.2

En deux mots :

Chef-d’oeuvre de narration porté par un univers ultra efficace réalisé à la perfection, il n’est toutefois impossible de passer outre une technique carrément ratée.

Il s’agit ici de la deuxième partie de notre test du jeu Cyberpunk 2077 sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series et PC. Pour lire la première partie de notre test, cliquez ici.

Hellooo Night City !

Cyberbug 2077 : quelques ombres qui noircissent le tableau

Vous n’y avez pas échappé, le jeu est rempli de bugs. Majoritairement, ce sont des soucis visuels, des bugs de collision, etc. Parfois, c’est une quête en elle-même qui va poser problème, vous obligeant à recharger une ancienne sauvegarde. Fort heureusement, le système de sauvegarde automatique fonctionne parfaitement donc vous ne devriez pas avoir à retourner loin en arrière.

Attention, sur PS5 (version PS4 Pro), l’un des bugs les plus fréquents au-delà de problèmes “classiques” est la fermeture simple et définitive du jeu. Sur 35 heures de jeu, le jeu s’est “killé” une bonne dizaine de fois. Ennuyeux évidemment en pleine session, cela devient surtout très agaçant lorsque vous vous étiez lancé dans une mission longue plutôt difficile.

Mais les choses ne s’arrêtent pas là…

Dans “Intelligence Artificielle”, le mot le plus important est “intelligence”. Visiblement pour CD Projekt, cette partie semble plutôt “artificielle”. Sans aller jusqu’à dire qu’elle est inexistante, l’intelligence artificielle est trop souvent une vraie catastrophe. Lorsque vous êtes à couvert, les ennemis ne cherchent même pas à contourner les rares obstacles pour vous dénicher. Alors, attention, ça m’arrange hein. Mais lorsqu’ils vont se contenter de se décaler un petit peu pour essayer d’avoir un meilleur angle de tir, leur “intelligence” va rarement plus loin. Pour vous donner un exemple, lors d’un combat de boss pendant lequel j’étais seul avec mon adversaire dans son bureau de 10m carré, je me suis simplement accroupi derrière son bureau et l’écran de son ordinateur. Celui-ci a fait office de parfait bouclier. Lorsque finalement ce boss finissait par dégainer et faire le tour, je n’avais qu’à aller dans le sens contraire pour rester à couvert. Un combat absolument ridicule.

Pour finir, impossible de ne pas aborder la conduite. Si celle-ci n’est pas catastrophique, elle est à peine correcte sur PC. C’est assez dommage pour un jeu de cette envergure où l’on passe tout de même la majorité de notre temps à conduire pour aller d’un point A à un point B. Sur console, la conduite s’avère un tout petit peu plus agréable et ne nuit pas (trop) à l’expérience globale de jeu. On notera toutefois des soucis concernant le réalisme des véhicules et des grosses limites techniques quant aux dégâts de ceux-ci. Nous avons littéralement conduit plus d’une heure avec une voiture en feu. Au calme.

Cyberpunk 2007

À sa sortie, le jeu était dans un état catastrophique sur console. Sur PC, impossible de dire que le jeu était “magnifique” mais cela allait à peu près. L’optimisation laissait à désirer. Afin d’avoir la meilleure appréciation possible, la rédaction de My Geek Actu a réalisé son test sur 4 machines : une PS4 FAT, une PS5, un PC bon et un PC boosté.

Pour info, ce que nous qualifions de “moyen+/bon” correspond à : I5 10400, GTX 1660 Super, 16go de RAM DDR4, Disque dur NVME M2. Au lancement, nous étions en graphisme “moyen” à 45 fps. Avec les patchs et surtout les mises à jour des drivers de NVIDIA (qui travaille en collaboration avec le studio) nous avons pu monter les graphismes à “élevé” et bénéficier d’un framerate entre 50 et 60 fps dépendant des options activées ou non. Sans être le plus beau, le jeu s’avère alors relativement joli.

Là où le bât blesse, c’est vraiment sur console. Si le jeu tourne de façon agréable sur PS4 Pro/PS5, les dernières mises à jour ont permis au titre d’offrir un rendu acceptable. Sans être sublime, le jeu offre parfois de belles textures, de jolis effets de lumières et permet aux environnements à la direction artistique incroyable de révéler son potentiel. D’accord, mais alors d’où vient le problème ?

Les joueurs PlayStation, ces pleurnicheuses !

Le vrai problème, ce n’est même pas que le jeu promis comme incroyable soit finalement décevant sur sa réalisation technique. Non, c’est plutôt la version du jeu proposée sur PS4 et Xbox One FAT qui pose un réel problème. Pour rappel, le jeu qui a été annoncé il y a 8 ans était prévu pour la génération PS4 / Xbox One. À ce jour, presque la moitié des copies du jeu ont été vendues sur console de salon. Or, s’il est difficile de se procurer une Xbox Series, il est impossible d’avoir une PS5. Le jeu n’est donc vraiment disponible que sur PS4, Xbox One, PS4 Pro et Xbox One S/X. Seulement voilà, sur beaucoup de celles-ci, le jeu est tout simplement horrible. Au-delà du triste surnom #Cyberbug2077 dont a hérité le jeu, c’est surtout sa version PS4 et Xbox One FAT qui aura fait couler de l’encre. Et à raison, le rendu proposé par CD Projekt sur ces consoles datant parfois de 2013 n’est non seulement pas à niveau mais n’est surtout pas admissible !

– “Oui, mais ce sont des vieilles consoles ! On ne peut pas en attendre autant que sur un PC boosté à 3000 €”

Assurément, répondrais-je. Mais le respect qui est dû aux joueurs – surtout lorsque l’on leur vend quelque chose – nécessite a minima de proposer une expérience adéquate au format. Or, les PS4 et Xbox One FAT ont tout de même vu passer Red Dead Redemption 2, Horizon Zero Dawn, The Last of Us Part II, Uncharted 4: A Thief’s End, Death Stranding, Gears 5 ou encore le très récent Ghost of Tsushima et j’en passe qui avaient réussi à nous subjuguer par leur beauté ! Et certains sont sortis il y a plus de 5 ans.

– “Oui, mais ces jeux n’étaient pas aussi gourmands, ni aussi ambitieux !”

Mais peu importe en fait. L’ambition n’est un sentiment positif que s’il aboutit à une fin réussie. No Man’s Sky était un titre ambitieux qui s’est parfaitement planté lors de sa sortie. Cyberpunk 2077 était un jeu ambitieux, il l’est toujours. Ou du moins, il le sera quand il sera terminé sur toutes les plateformes. Pour l’instant, il s’agit d’un bon ayant sacrément besoin de patchs. Toutefois, pour un jeu dont la durée de la trame narrative principale n’a une durée que de 25 heures environ, je ne vois pour l’instant pas vraiment d’ambition démesurée.

Si CD Projekt n’était pas capable de proposer une expérience agréable sur PS4 et Xbox One FAT, le studio aurait dû annuler le jeu sur ces consoles ou repousser encore leur sortie. Car rappelons-le, si les développeurs du studio ont été mis en question, c’est bien à tort. La faute revient ici à une direction et une gestion de projet catastrophiques dues à une pression financière importante.

C’est alors que sont arrivées de nombreuses plaintes des joueurs, des demandes de remboursement, un retrait pur et simple du jeu sur PlayStation Store et enfin une plainte déposée directement par les investisseurs financiers auprès du studio pour mensonge.

Oui, mais c’est un FPS

CD Projekt a fait le pari pas si surprenant que ça de proposer un RPG en monde ouvert à la première personne. Avec un système de combat en FPS, c’est tout à fait logique. Mais voilà, qui dit First Person Shooter, veut surtout dire “vue à la première personne”. Et de près, tout est moins beau. Si dans son dernier monde ouvert gigantesque, CD Projekt a souhaité apporter d’innombrables détails, c’est tout à son honneur. Mais pour rendre l’immersion vraiment réaliste, il faut que tous ces éléments aient un rendu visuel irréprochable. Or, c’est ici un problème : si les bâtiments sont presque tous différents, que les détails foisonnent, ils sont pour la plupart assez laids lorsque l’on se rapproche. Du moins sur consoles.

Le fait est, le jeu semble plus joli en voiture avec quelques effets de vitesse qu’à pied (et encore, de loin la ville semble bien vide). Et c’est tout à fait normal. La grande majorité des open worlds aujourd’hui sont faits pour des jeux d’aventure, action ou exploration à la troisième personne (vous voyez votre personnage de derrière et non à travers ses yeux). S’il existe bien quelques mondes ouverts en vue subjective comme Far Cry 5, The Elder Scrolls ou encore Borderlands 3, ils ont soit des univers naturels plus simples à modéliser, soit bénéficient d’une patte graphique spécifique. Et pour d’autres, bah ils sont moches.

Le jeu cyber punk par excellence ?

Si Cyberpunk 2077 puise dans un imaginaire précis mais aux limites encore inatteintes, on peut féliciter CD Projekt pour le travail qui a été réalisé concernant la direction artistique efficace de son jeu. De très nombreux éléments de l’imaginaire cybernétique ont d’ailleurs été habilement réinjectés dans le titre, permettant aux nombreux éléments de décors de dessiner devant le yeux du joueur un univers complet et équilibré. En ce sens, le titre fait alors inévitablement office de référence du genre, aux côtés des excellents Deus Ex ou encore Final Fantasy VII.

Pourtant, pour ma part, Cyberpunk 2077 n’est pas forcément représentatif de l’univers cyberpunk que j’aime. Ce point est très subjectif, mais j’ai trouvé le jeu – dans sa conception et son design – encore beaucoup trop conventionnel. Les quelques sex toys disséminés par-ci, par là, ne suffisant pas à créer un univers cyber assez sombre à mon goût, au contraire. Personnellement, j’ai trouvé que dans sa représentation de l’univers cyberpunk, le titre manquait cruellement de verticalité, que les design des véhicules retro étaient évidemment sympathiques mais éloignés des voitures volantes que l’on a pu croiser dans Le Cinquième Element.

J’aurais aimé pour Night City un parti pris plus fort concernant son ambiance et concernant les codes couleurs qui la décrivent. Peut-être, pour avoir un plus grand sentiment de dépaysement, aurais-je aimé que la ville soit plongée dans la nuit (pour Night City, cela aurait été logique), voire couverte sous une couche de pollution.

Ces quelques images illustrant une ville plongée dans la nuit ou un paysage grisâtre, illuminée de néons étourdissants et aliénants donnent le ton de que ce qui a pu me manquer dans Cyberpunk 2077 mais que j’avais parfaitement trouvé dans Cloudpunk dont j’ai clairement préféré la direction artistique et dans lequel, malgré une écriture en-deçà, j’ai plus apprécié l’immersion dans l’univers. J’ai par exemple très hâte de découvre Stray sur PS5 dans les mois qui viennent. En somme, j’ai eu l’impression durant mes sessions de jeu que Cyberpunk a cherché à être trop consensuel, trop conventionnel concernant sa direction artistique.

Notre avis

En définitif, Cyberpunk 2077 vaut-il le coup ? Oui. Mais pas forcément tout de suite. Tout dépend de votre machine de jeu. Si vous avez un bon PC oui, clairement, tout de suite. Cyberpunk 2077 s’affirme alors sans difficulté comme référence du jeu dans un univers cyberpunk puissant, porté par une excellente écriture, par un soin du détail et par une pléiade de personnages attachants.

En revanche, si vous êtes sur console, tout dépend de votre machine. Sur PS4 Pro, PS5 ou encore Xbox Series, bien que le jeu ne soit pas à son top, l’expérience reste agréable et le jeu est “assez joli”. Vous pourrez alors profiter de l’histoire et de son ambiance sans trop d’encombres. Toutefois, nous ne pouvons que vous recommander d’attendre quelques semaines de nouveaux patchs permettant une expérience optimale. D’autant plus si vous jouez sur l’ancienne génération de consoles.

NB : Si la patience fait partie de vos atouts, favorisez une version next gen et attendez l’arrivée du patch dédié prévu pour 2021.

Cet article a été co-écrit par Billy Dubos et Hadrien Jacobée

Hadrien JACOBEE BOISBOUVIER

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de Katsuuu (ex-My Geek Actu). Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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