Pour tous les amoureux de Japon, découvrir un nouveau pan de la culture nippone relève d’une surprise dont on ne se lasse jamais vraiment.
Donc, quand nous avons découvert qu’à l’occasion de l’exposition « Manga. Tout un art ! » organisée par le Musée Guimet, il nous était possible de découvrir le théâtre Japonais, notre sang n’a fait qu’un tour et nous avons demandé des billets pour découvrir cet art qui nous était jusqu’alors encore inconnu.

Nous avons donc pris place dans le magnifique et moderne amphithéâtre du Musée et avons tout d’abord écouté l’un des comédiens nous proposer une rapide introduction au Kyôgen, ce théâtre Japonais que nous nous apprêtions à découvrir.

Notre voyage a donc débuté par une initiation – c’est souvent chose nécessaire, on se rappelle notre découverte du thé chez Ogata.

Le premier point sera de bien différencier le théâtre No et le Kyôgen.
Le No propose des danses portées par de la musique, le tout inspiré par les mythes japonais. Ainsi, il pourrait s’apparenter à de la tragédie.
De l’autre côté, le Kyôgen propose un théâtre de comédie, parlé, construit sous formes d’épisodes de vie, où l’on nomme les personnages par leurs fonctions (guerrier, peintre, etc).

Côté scénographie, tout est très simple et épuré.
Quatre piliers délimitent la zone de jeu et le décor se limite à une forme de pin projetée au fond de la pièce. Pourquoi un pin, me demanderez-vous ? Tout simplement, car l’arbre permet de symboliser toutes les saisons.

S’en sont ensuite suivies deux pièces jouées par Maître Tadashi Ogasawara, titulaire du titre de trésor national immatériel (désignation collective) et Maître Hiroaki Ogasawara.

Sur un ton comique, les récits dépeignent le quotidien des Japonais du 14e siècle. Entre dialogue, chant, danse et musique, la diversité de cet art rend compte de la multiplicité des émotions humaines. La représentation comprend une introduction au Kyôgen et deux pièces présentées par Atelier OGA Paris.

La première pièce Shimizu, nous a raconté une histoire de démon, là où la seconde s’est penchée sur une partie de la vie du peintre Kanaoka. Considérée comme un chef-d’œuvre du répertoire du Kyôgen de l’école Izumi, cette pièce s’inspire librement de Kose no Kanaoka, peintre de cour du 9e siècle, réputé pour ses talents prodigieux.

La spécificité du Kyôgen, et c’est d’ailleurs ce pourquoi il était indispensable de nous « préparer » psychologiquement en amont des pièces grâce à une introduction, c’est qu’il s’agissait historiquement de comédies jouées en extérieur comme divertissements pour les samouraïs. De ce fait, les comédiens jouent et parlent très fort et peuvent parfois donner l’impression de sur-jouer (alors qu’il n’en est rien !). Aussi, le Kyôgen est un art d’imagination : avec le minimum (décor et accessoires), les spectateurs sont invités à co-inventer l’histoire qu’on leur propose en imaginant qu’un éventail puisse devenir une tasse de saké, une coupe, une arme, etc.

Enfin, l’initiation au Kyôgen n’était qu’une étape proposée par le Musée Guimet, musée dédié aux arts asiatiques, dans sa (re)découverte du manga.
En effet, le musée accueille du 19 novembre 2025 au 09 mars 2026 une grande exposition sur le manga, déployée sur pas moins de trois étages.
Et pour prolonger l’expérience, une salle de lecture éphémère est installée dans la splendide bibliothèque historique de Guimet, pour bouquiner jusqu’à la fermeture du musée !

Sources : Atelier OGA Paris, Dmitry Kostyukov

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