REVIEW – The Naked Director

Un énorme coup de coeur
5

Une série de Top 5

The Naked Director nous plonge dans un Japon qui découvre les films révolutionnaires de Toru Muranishi. Une série en deux saisons qui vaut vraiment d’être regardée.

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Si vous n’avez pas encore regardé les deux saisons de la génialissime série The Naked Director sur Netflix, posez votre téléphone ou fermez votre onglet internet. Entre vous et une des meilleures séries de la plateforme, il n’y a qu’un “toudoum” !

The Naked Director est une série semi-biographique tirée du roman de Nobuhiro Motohashi, Zenra Kantoku Muranishi Toru Den.

Produite par Hiroyuki Akune et Yasuhito Tachibana, elle est diffusée sur Netflix depuis 2019. La série compte 2 saisons, pour le plus grand plaisir des fans. Entre culottes, cocaïne et caméras, elle retrace le destin incroyable de l’homme qui a révolutionné le porno au Japon : Toru Muranishi.

Le pitch

Toru Muranishi : un VRP assez moyen à la vie bien rangée, assiste un soir à l’adultère commis par sa femme et plus particulièrement à un grand moment de plaisir (pour elle), notion qui lui semblait alors visiblement inconnue jusqu’à présent. Accablé par ce qu’il vient de voir, il fonce tout droit dans un bar pour noyer son chagrin dans la bière. Il rencontre Toshi, jeune garçon vivotant aux habitudes déjà un peu douteuses. Une rencontre, des idées, du saké et une révélation plus tard Muranishi a un projet : offrir du plaisir au plus grand nombre.

Pour cela, il crée son studio de films pornographiques et commence une carrière de réalisateur très controversé, qui vacille entre illégalité et outrage aux bonnes moeurs. Son studio se développe, sa renommée grandit et on assiste peu à peu à la création d’un nouvel empire du sexe.

le naked director est une série netflix incroyable

Kabukichō, poils sous les aisselles et slip immaculé

Si le Japon est très connu pour être à l’aise avec ce qui gravite autour du sexe, le pays se démarque aussi par ses moeurs très prudes et ses habitants discrets. Cette dichotomie est déjà présente dans The Naked Director, ce qui ancre encore plus ce décalage entre mythe du sexe débridé et sphère personnelle que nous connaissons aujourd’hui.

Évidemment, qui dit sexe dit aussi trafic et yakuzas. On suit les aventures de Muranishi contre le monde déjà très bien construit du porno “soft”. La guerre est lancée : l’arrivée d’une offre pornographique illégale mais stimulante vs. un paysage porno déjà installé qui détient quasiment la totalité des parts du marché. Nous sommes introduits dans le monde des yakuzas à la fin de la première saison et y prenons entièrement part dans la seconde. Violence, drogue, argent sale, prostitution… La représentation de Kabukichō dans les années 80/90 est assez fidèle à ce que l’on peut rencontrer dans d’autres ouvrages, notamment dans Tokyo Vice de Jake Adelsein.

Double révolution dans The Naked Director : le rôle de la femme.

On découvre dès la première saison la délicieuse Kaoru Kuroki, véritable personnage dans la culture X au Japon. Née en 1965, la célèbre actrice commence une carrière dans les “arts visuels” dès ses années universitaires. Véritable figure emblématique et forte du monde du porno, elle décide d’arrêter de se raser les aisselles en guise de rébellion contre la censure exercée au Japon.
Sa personnalité décalée et ses combats sont très bien retransmis par Misato Morita qui incarne la jeune actrice avec talent.

“Ce n’est pas très sophistiqué, en fait c’est primitif. C’est un peu comme manger et manger au restaurant : on a faim et on a une envie soudaine de nouilles, alors on va manger des nouilles. Votre appétit est vers une vidéo porno, alors vous allez louer tout ce qui vous excite. Et comme pour la nourriture, les téléspectateurs peuvent utiliser des ingrédients de base pour  “cuisiner” eux-mêmes la stimulation désirée à partir de la vidéo”.
Kaoru Kuroki

Les personnages de The Naked Director sont tous très attachants, pour des raisons différentes. Muranishi, toujours en slip blanc une caméra à l’épaule incarne la folie créatrice ; Toshi, fidèle bras droit, est une fenêtre ouverte sur le monde du business sale à cette époque. Kenji Kawada représente parfaitement le Japonais tiraillé entre cette opulence du sexe sans limites et les moeurs et conventions sociales qui pèsent sur les jeunes Japonais. L’équipe de production, les actrices et les acteurs de passage apportent tous quelque chose à la série et participent à cette immersion dans le Japon des années 80/90.

la saison 2 de The Naked Director est plus sombre

Deux saisons, deux ambiances

Si la découverte est totale lors de la première saison, les scènes un peu olé olé ne sont plus aussi surprenantes dans la seconde. La grande différence réside tout d’abord dans l’intrigue. L’enjeu de la saison 1 est de développer la maison de production et de se faire un nom, celui de la saison 2 est de diffuser massivement les vidéos pornographiques de Muranishi grâce à une révolution technologique : celle de la télévision satellite.

Là où la saison 1 s’articulait autour des problématiques de moeurs, de censure, d’acceptation et d’ouverture d’esprit, la seconde est beaucoup plus terre à terre et tourne majoritairement autour de sujets financiers. Money, money, money. De l’argent pour payer le satellite, de l’argent pour faire tourner le moulin, de l’argent pour payer les dettes, de l’argent pour rester en vie. Finalement, cette deuxième saison pourrait être perçue comme l’envers du décor de la première. Le monde du porno n’est pas aussi reluisant et simple qu’on pourrait le croire, avoir une renommée a un prix et s’imposer dans une société déjà minutieusement régie n’est pas une mince affaire.

Les paillettes et l’euphorie de la saison 1 laissent place à la violence et à l’urgence de la saison 2. On a le droit à une vraie fin, sans ouverture pour une prochaine saison, sans cliffhanger maladroit et sans suspens à rallonge. Et ça fait du bien.

Mon avis sur The Naked Director

Je pense que mon jugement est plutôt clair : The Naked Director est une très bonne série. Sur fond de city pop, elle nous plonge dans un monde qui ne nous est pas du tout familier. Outre le très bon moment que l’on passe à la regarder, on en apprend aussi sur les débuts de l’industrie pornographique au Japon et c’est très intéressant. Mention pour la musique du générique qui ne change pas entre les deux saisons est qui est vraiment très, très sympa.
Bref, je recommande.

Emilie BOISBOUVIER

Jeune padawan de l'univers geek | In fond of the Punisher & Death Note | Make gif not war.

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