REVIEW – Une touche de bleu

UNE HISTOIRE TOUCHANTE
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En deux mots :

Une touche de bleu est un joli manga qui aborde, avec une grande justesse, les thèmes de la différence et de l’acceptation de soi. Je vous le recommande !

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Une touche de bleu ou Ao ni, Fureru. de son titre original, est un manga écrit et dessiné par Nozomi Suzuki dont il s’agit du premier manga publié. Lancée au Japon en 2018, la série est sortie début 2021 chez Glénat dans sa nouvelle collection, Shojo +. En créant celle-ci, l’éditeur souhaite changer l’image du shōjo en France en choisissant des titres de qualité, valorisant de ce fait le genre. Dans le cadre de son inauguration en février dernier, trois titres sont sortis en simultané : 100 jours avant ta mort, Alter Ego et… Une touche de bleu. On vous dit tout sur ce dernier !

Le pitch

C’est le printemps, Ruriko Aoyama vient d’entrer en première. Pour mieux s’intégrer, elle s’est toujours comportée comme si la tache de naissance bleue qui recouvre une partie de son visage, un naevus d’Ota, ne la dérangeait pas. Un jour, elle ouvre le carnet dans lequel son nouveau professeur principal, M. Kanda, a pris des notes détaillées sur tous ses élèves… tous sauf Ruriko. Lorsqu’elle lui demande pourquoi, il lui avoue son secret…

La vie en bleu

Le synopsis et la couverture du premier tome, accrocheurs, m’ont immédiatement séduite. D’entrée de jeu, le lecteur sait sur quoi Une touche de bleu va principalement porter, à savoir la différence. Dès les premières pages, nous sommes transportés dans le quotidien de Ruriko, dont une partie du visage est marquée par une tache de naissance bleue. Sous ses airs de jeune fille souriante et pleine de vie, on s’aperçoit très vite qu’il s’agit d’une façade, d’une carapace que la lycéenne s’est forgée pour se protéger.

En effet, à cause de son anomalie physique, Ruriko est partagée entre sentiments de honte, de colère, et j’en passe. Elle est profondément complexée. Suite à sa rencontre avec son nouveau professeur : M. Kanda, elle s’aperçoit assez vite qu’elle n’est pas seule à souffrir de sa différence. En effet, le jeune homme est atteint de prosopagnosie : trouble de la reconnaissance des visages. Le cachant à ses collègues et élèves, seule Ruriko est au courant. Aussi, pour des raisons évidentes, tous deux se rapprochent et, au fil des pages, leur relation devient plaisante à suivre.

À travers ses dessins raffinés et délicats, Une touche de bleu entraîne le lecteur à découvrir la vie de nos deux protagonistes notamment à travers leurs points de vue. Qu’il s’agisse de la différence physique de Ruriko ou du trouble invisible de son professeur, nous faisons face à leurs perceptions des comportements que les gens de leur entourage adoptent. Sentiment d’exclusion, de marginalisation, de dévalorisation… sont tant d’émotions qui peuvent les submerger.

La découverte de quelques bribes de leurs passés respectifs, témoignant de la pression sociale sur eux, ne font que renforcer l’empathie que l’on peut ressentir pour les deux personnages. Mais attention, leur différence ne les définit pas pour autant et tous deux tentent tant bien que mal de l’accepter. En témoigne la volonté de Ruriko d’avancer, en s’affirmant auprès des autres.

S’accepter soi-même

Il faut savoir que le récit tient son origine de l’expérience personnelle de l’auteure, qui aborde ici, et ce avec une grande sensibilité, une thématique complexe et profondément humaine. Le parallèle entre les troubles visibles et invisibles de Ruriko et M. Kanda est bien mené, notamment à travers leurs différentes perspectives. Cela dit, même s’ils sont semblables sur bien des points, tous deux sont sensiblement différents.

On a ainsi deux points de vue : celui d’un jeune homme adulte et d’une adolescente. Malgré tout, l’acceptation de soi n’a pas d’âge ni de sexe, et concerne tout un chacun. Si l’auteure : Nozomi Suzuki, met surtout en avant ce tandem, on comprend au fil des pages que les personnages secondaires ne feront pas que de la figuration et illustreront à leur tour les thèmes de la quête de soi et de l’importance du bien paraître.

Mon avis

Alors que je connaissais le trouble de la prospagnosie notamment à travers le drama coréen My Holo Love qui aborde le sujet assez justement ; grâce à Une touche de bleu, j’ai découvert ce qu’était le naevus d’Ota. Ce que j’ai bien aimé avec ce manga, c’est non seulement la sensibilisation à ces anomalies physiques, mais aussi comment cette dernière est réalisée. La mangaka le fait, à mon sens, assez brillamment en contant les histoires et traumatismes de ces deux personnages, finalement très courageux. Je ne demande qu’à en savoir plus et à lire la suite au plus vite !

Anna LESBROS

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