Ah, Hideo Kojima. Ce nom, à lui seul, est une promesse. Une promesse d’expériences qui bousculent les codes, qui divisent, mais qui ne laissent jamais indifférent. Après un premier Death Stranding qui nous a fait aimer la marche, les livraisons et les bébés en capsules, l’annonce de Death Stranding 2: On the Beach sur PlayStation 5 a ravivé cette flamme si particulière, celle de l’attente d’un jeu… différent. Et croyez-moi, cette suite promet de pousser encore plus loin les curseurs de ce que l’on pensait connaître.

Deah Stranding 2: On the Beach est un jeu vidéo développé par Kojima Productions et édité par Sony Interactive Entertainment. Le titre est sorti le 26 juin 2025 (soit 6 ans après le premier titre) sur PlayStation 5.

Mon « lien » avec Kojima et Death Stranding

Tout d’abord, et pour débunker aussi vite que possible toute méprise, je ne fais pas partie des « adorateurs » d’Hideo Kojima. Pas parce que je n’aime pas ces productions, mais parce que je ne l’ai réellement découvert qu’avec Death Stranding, premier du nom. Si j’avais déjà testé par-ci par-là quelques titres issus de la sage Metal Gear Solid, je n’ai vraiment jamais accroché. Je ne formule ici aucune critique à l’encontre de la série de jeux, aucunement ! Mais je n’ai juste jamais été totalement attiré par la promesse. Et pourtant.

Néanmoins, lorsqu’en 2019, Death Stranding est sorti, le titre a reçu un accueil « mitigé ». Certains y trouvaient le « génie » made in Kojima, et d’autres un vulgaire walking simulator déguisé sous des airs pompeux. De mon côté, je n’avais aucun avis. Je m’en fichais même un peu.
Pour autant, à la sortie du jeu, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de tester le titre. L’activité de Katsuuu (qui a l’époque s’appelait My Geek Actu) battait son plein et j’avais pour habitude de tester entre 2 à 4 jeux par mois. C’est donc, l’âme curieuse que j’ai téléchargé le jeu et que j’ai découvert son univers. Spoiler alert : j’ai été subjugué. Je considère encore aujourd’hui que Death Stranding, premier du nom, a été une étape majeure dans le jeu vidéo. Il a été, aux côtés d’un The Legend of Zelda: Breath of the Wild, un des titres les plus marquants de cette décennie. Selon moi, le jeu a apporté un vent de fraicheur sur le jeu vidéo et une approche de l’open world que je ne lui connaissais pas, ou mal. Le charme a tout de suite opéré. Ainsi, à l’annonce d’une suite, j’ai aussitôt ressenti de la hâte, mais aussi un peu de peur…

Au-delà des UCA : un nouveau continent, de nouveaux liens

Si le premier opus nous avait demandé de reconnecter une Amérique post-apocalyptique, Death Stranding 2: On the Beach nous embarque cette fois vers de nouveaux horizons, principalement en Australie et au Mexique. On retrouve notre livreur préféré, Sam Porter Bridges (toujours incarné par un Norman Reedus magnétique), onze mois après les événements du premier jeu. Mais l’isolement n’est plus une option. Fragile (Léa Seydoux), qui a créé une nouvelle organisation, « Drawbridge », le pousse à reprendre la route pour une mission cruciale : étendre le réseau chiral à ces continents ravagés par de nouvelles calamités.

Le monde, désormais, est encore plus hostile. Les « Échoués » (BTs) sont plus puissants et certains ont même développé la capacité de voir (big up au premier boss, qui a su me rendre fou). Les catastrophes naturelles, comme les « tremblements de porte » et les inondations, sont omniprésentes, transformant le paysage à chaque instant. On se prépare donc à affronter des environnements encore plus imprévisibles, où la nature elle-même semble lutter contre cette tentative de reconnexion.

Quand le livreur devient guerrier.

Au cœur de Death Stranding 2, la boucle de gameplay reste fidèle à ses origines : livrer des paquets, relier des survivants isolés et reconstruire des infrastructures. Mais attention, Kojima ne s’est pas contenté de faire du « plus de la même chose ». La grande nouveauté, et non des moindres, c’est l’accent mis sur le combat.

Si Sam était plutôt un pacifiste contraint dans le premier jeu, il semble qu’ici, l’affrontement soit une option bien plus viable, voire nécessaire. De nouveaux ennemis, de nouveaux outils et gadgets viendront enrichir l’arsenal de Sam. L’IA des ennemis a été améliorée, et la possibilité d’adopter des approches furtives ou directes est mise en avant. Fini, peut-être, les longues sessions où l’on évitait toute confrontation ? On nous promet même un système de progression via l’APAS (Automated Porter Assistant System), sorte d’arbre de compétences pour améliorer les capacités de Sam en tant que porteur, combattant, ou même dans l’aspect communautaire.

Le plaisir de la construction est également de retour, avec la possibilité de rebâtir routes et ponts, et même d’ériger un système de monorail pour transporter des charges massives. L’aspect communautaire asynchrone, si cher au premier opus, est, lui aussi, de la partie, nous permettant d’aider et d’être aidé par des « facteurs » du monde entier. C’est cette sensation unique de coopération silencieuse qui rend l’expérience Death Stranding si singulière.

Enfin un monde ouvert qui vit et respire

Au-delà des mécaniques de gameplay et de la narration évidemment onirique mais alambiquée, Death Stranding 2 est une véritable œuvre d’art visuelle, repoussant les limites de ce que le Decima Engine peut offrir sur PS5. La direction artistique, déjà sublime dans le premier opus avec ses paysages vastes et mélancoliques, semble avoir franchi un nouveau cap. Attendez-vous à des environnements d’une variété et d’un détail saisissants, des étendues désertiques brûlantes aux forêts luxuriantes, en passant par des zones côtières balayées par des tempêtes. Mais ce qui frappe le plus, c’est la dimension organique et le réalisme accru du monde.

Kojima Productions ne s’est pas contenté de créer des décors fixes ; ils ont donné vie à un monde qui évolue, qui respire, et qui réagit aux cataclysmes. Les cycles jour-nuit dynamiques impactent la visibilité et l’ambiance, tandis que la météo, plus imprévisible que jamais, ne se limite plus à de simples averses : comme je vous le disais plus haut, des inondations peuvent subitement transformer un chemin familier en un obstacle périlleux, des tremblements de terre modifient le terrain en temps réel, forçant Sam à adapter constamment son approche. Cette constante évolution environnementale ne sert pas qu’un but esthétique ; elle est profondément ancrée dans le gameplay, rendant chaque livraison unique et chaque exploration pleine de défis renouvelés, renforçant cette sensation d’immersion totale dans un monde en perpétuelle mutation, brutal, mais d’une beauté désarmante.

Une œuvre d’auteur, toujours plus profonde

Hideo Kojima est un conteur, un philosophe des jeux vidéo. Death Stranding 2 ne fera pas exception. La question centrale du jeu, « Should we have connected? » (Aurions-nous dû nous connecter ?), résonne comme une interrogation fondamentale sur l’humanité, ses choix passés et son avenir. Le thème du « lien », déjà omniprésent dans le premier, prendra ici une dimension nouvelle, explorant les conséquences de nos connexions et les dilemmes qu’elles engendrent.

Attendez-vous à un scénario tordu (« à la Kojima »), émotionnel et parfois déroutant, parsemé de cinématiques à la photographie sublime, de rebondissements inattendus et de performances d’acteurs de premier ordre. Enfin, la musique, élément indissociable de l’immersion selon Kojima, sera également au rendez-vous pour sublimer chaque instant de cette épopée. Même si… je dois bien avouer que j’ai une petite préférence pour la BO du premier titre et des productions de Bring Me The Horizon ou encore Low Roar…

Mon avis sur Death Stranding 2: On the Beach

Death Stranding 2: On the Beach ne sera probablement pas un jeu pour tout le monde. C’est une œuvre qui demande un investissement, une ouverture d’esprit et une certaine patience pour en apprécier toutes les subtilités. Mais pour ceux qui ont été touchés par le premier opus, ou qui sont curieux de découvrir l’une des expériences les plus uniques du jeu vidéo, cette suite s’annonce comme un voyage inoubliable.

Kojima continue d’explorer ses thèmes de prédilection, de défier les conventions et de livrer des jeux qui sont bien plus que de simples divertissements. Death Stranding 2: On the Beach est une réflexion sur notre monde, nos liens, et notre capacité à persévérer face à l’adversité. Préparez vos bottes de porteur, votre BB et votre esprit d’exploration : l’Australie vous attend, et avec elle, de nouvelles questions existentielles à livrer.

Bref, j’ai été totalement conquis. Je ne peux que vous le recommander.

Pour toutes ces raisons, je lui attribue la note de 19/20.

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