TEST – Resident Evil Village

Ethan, cet assistant social du macabre !
3

En deux mots :

Resident Evil Village réussit le pari d’être plus équilibré que son prédécesseur, plus beau, plus complet, mais également plus lisse et plus accessible. Avec toute la générosité dont il fait preuve en contenu, il pèche cependant là où pèchent de nombreux épisodes de la série : le maintien de la tension. On doit cependant lui reconnaître qu’il ne donne pas dans le retour aux sources attendu, mais souhaite plutôt proposer quelque chose de nouveau tout en s’inspirant de ses prédécesseurs. À “deux doigts” de taper dans le mille, l’équipe de Morisama Sato nous sert ici un bien bon jeu vidéo ! 

Envoi
User Review
3 (1 vote)

Nous y sommes ! Vingt-cinq ans après la sortie du cultissime Resident Evil et quatre ans après la très bonne surprise que fut Resident Evil VII, c’est dans un petit village d’Europe de l’Est que Capcom nous propose cette nouvelle escale horrifique disponible depuis le 7 mai 2021. C’est avec impatience que les joueurs et particulièrement les fans de la saga attendaient cette nouvelle itération, l’éditeur japonais ayant retrouvé un vrai souffle depuis la sortie du septième épisode !

Les chiffres de vente parlent d’eux-mêmes, tout comme la qualité intrinsèque des derniers jeux sortis. Il était donc temps de profiter de cet élan et de transformer l’essai. Entre les rumeurs d’un développement remanié, la mise en avant des loups-garous et autres vampires ou encore le cassage d’internet par une dame de trois mètres de haut, Capcom annonçait clairement la couleur avec ce Resident Evil : celle de la singularité. Alors, après la dizaine d’heures nécessaires pour boucler le scénario, qu’en est-il ?

Les graphismes de Resident Evil Village : quel beau cauchemar !

Commençons par l’éléphant au milieu de la pièce. S’il y a une chose que l’on remarque dès le début de Resident Evil Village, c’est sa beauté ! On ne cessera jamais de le dire, le RE Engine est un moteur de jeu réellement bluffant ! Qu’il s’agisse d’un village enneigé, d’un château détaillé ou d’une usine reculée, les environnements ont vraiment fait l’objet d’un travail abouti et on ne se retrouve que très peu devant une texture un peu baveuse ou même choquante. Par-dessus le marché, le jeu est fluide ! Il est d’ailleurs nécessaire de pointer du doigt un état tout à fait remarquable sur PS4 et Xbox One !  

Les graphismes dans Resident Evil Village, test par Katsuuu

Mais il n’est pas question que de beauté et de fluidité. La direction artistique est une véritable réussite ! Beaucoup de panoramas feraient de superbes fonds d’écran et les amateurs de modes photo en auront pour leur argent. On repère très vite l’inspiration Resident Evil 4 qui entoure la globalité de l’univers dans lequel nous sommes plongés et à quelques années du remake du fils prodigue, c’est un réel plaisir d’y retrouver tant d’hommages et de références. Cependant, le jeu n’oublie jamais d’apporter sa patte plus “horrifique” et on sent par moments que l’on tire plus du côté d’un Resident Evil 3.5 avorté en son temps.   

En parlant de ce qui saute aux yeux, le character design est lui aussi absolument réjouissant ! Des monstres de base aux boss, la diversité du bestiaire qui faisait tant défaut à son prédécesseur est à saluer ici. Avec des créatures rappelant des contes et légendes fantastiques, le folklore d’Europe de l’Est ou encore le cinéma horrifique, Resident Evil Village témoigne de nombreuses, très nombreuses sources d’inspiration. Et en parlant d’inspiration…

Le pitch du jeu (ah… la famille…)

Aborder le scénario d’un Resident Evil, c’est un peu comme suivre une conférence de presse du jeudi soir en temps de COVID. On sait qu’il ne faut pas attendre un miracle, mais pourtant on y est accroché et on ne veut pas en louper un mot. En cela, cet épisode est bien un digne héritier de la série ! 

Découvrez notre test de Resident Evil Village

Nous incarnons donc à nouveau Ethan Winters qui, suite aux évènements tragiques survenus en Louisiane, s’est expatrié en Europe avec sa femme, Mia. Notre couple vit donc sa meilleure vie dans une petite contrée roumaine avec leur nouveau-né : Rosemary. Soudain, Chris Redfield débarque sans prévenir et se comporte comme le pire invité de l’histoire en tuant Mia et en kidnappant Rose. Ethan se retrouve après cela perdu en forêt, part alors à la recherche de sa fille et sa route le mène rapidement au fameux village titrant ce huitième épisode ! 

Sans aller trop loin pour éviter un maximum les spoils, Resident Evil 8 fait mieux que le précédent dans la construction de son histoire tout en reproduisant quelque peu sa structure. À l’instar des Baker, les sombres évènements se déroulant dans le village nous opposeront à quatre nobles au service de la big boss des lieux nommée Mère Miranda. Nous sommes donc en présence d’une nouvelle affaire de famille, mais là où la fin des Baker sonnait le terme de la première moitié de Resident Evil 7, ici, les nobles et leur “mère” occupent notre attention pendant toute la durée du cauchemar !

Cet épisode n’échappe d’ailleurs pas à l’éternelle partie très orientée action succédant à un début plus centré sur la peur, la tension retombant vers la moitié de l’histoire, la faute à un sentiment de puissance croissant bien trop rapidement sans que le jeu ne puisse jamais le compenser en adversité. 

Certains mieux réussis que d’autres, les personnages ont globalement tous quelque chose pour eux, qu’ils aient juste un design intéressant, soient réellement effrayants ou débordants de charisme. Nous sommes en face de personnalités et de physiques que nous n’oublierons pas de sitôt. Mention spéciale au marchand de cet épisode, le Duc, qui en plus de bénéficier d’un visuel tout à fait marquant est, cette fois-ci, “intégré” à l’histoire.

Le gameplay de Resident Evil Village : même pas peur !

Qui dit suite de Resident Evil 7 dit reprise du gameplay à la première personne et de son gun feel légèrement rigide. Les combats s’appréhendent mieux qu’auparavant et l’amélioration de la mécanique de protection nous permet une réelle contre-attaque bienvenue en cas d’ennemis trop nombreux. La réelle problématique étant que cette mécanique est rendue quelque peu inutile par la bien trop grande puissance que l’on acquiert pour peu que l’on se décide à prendre notre temps, explorer et accumuler quelques ressources. 

Mais le jeu n’est pas composé que de phases d’action. Les moments d’exploration seront eux ponctués d’énigmes que le joueur devra résoudre. Certaines sont intéressantes et bien fichues, mais d’autres peuvent être résolues grâce au fameux bout de papier laissé là et donnant la solution de manière bien trop évidente ! Probablement une volonté de Capcom de ne laisser personne sur la carreau, quitte à prendre quelques joueurs par la main.

Qu'avez-vous pensé du gameplay de Resident Evil Village ?

Toujours dans l’idée de reprendre les bonnes idées de gamedesign et de gameplay des anciens épisodes, l’inventaire de Resident Evil 7 inspiré du premier laisse ici place à celui du quatrième et à la fameuse mallette qui viendra tester le skill du joueur à Tetris. Rassurez-vous cependant, l’argent se trouvant assez facilement, il est finalement rare que la gestion de cette dernière nous pose des difficultés. Autre mécanique venue de Resident Evil 4, la possibilité de se barricader dans une maison afin de survivre à une vague d’ennemis.

Présentée dans l’introduction, elle servira cependant plus d’hommage aux premières heures des aventures de Léon plutôt que de vrai rouage de gameplay indispensable à notre aventure. Mais cet épisode ne fait pas que dans le recyclage et il convient également de noter l’introduction d’un système de “collecte” d’ingrédients afin de préparer des plats permettant d’upgrader nos compétences, nouveauté simple mais efficace.

Mon avis

Resident Evil Village ne tombe pas dans le piège du “retour aux sources” facile. Il pioche, rend hommage, mais conserve les bases neuves installées par le septième épisode. Reste que la première partie est bien plus maîtrisée et satisfaisante manette en main. Mais au regard des making-of et autres rumeurs, il convient de s’estimer heureux.

Devant être au départ le troisième épisode de la série de spin-off REVELATION, développé durant la pandémie de Covid-19, il y a eu de mauvais retours des équipes de test… Le développement de ce Resident Evil fut visiblement une réelle épreuve de bricolage. Quand bien même il aurait du mal à maintenir la tension sur la longueur, il convient selon moi de prendre en compte sa générosité et sa volonté de proposer moult situations et environnement très différents tout en essayant de nous cloîtrer dans ce village.

Découvrez notre test sur PS4 de Resident Evil Village

Ainsi, malgré la petite voix qui nous dit qu’un an de développement supplémentaire aurait pu lui faire beaucoup de bien, on peut dire que Capcom s’en sort bien ! Le titre est calibré pour le plus grand nombre, certes (ce qui était déjà le cas de RE4 à l’époque), mais n’oublie pas d’où il vient. Cet épisode parvient même à raccrocher les wagons du septième avec la saga originale, et tout ça sans faire dérailler le train.

Tout ce qu’on peut leur souhaiter maintenant, c’est un développement plus serein et qu’ils frappent un grand coup avec le neuvième qui devra être la confirmation, le grand Resident Evil de ce triptyque. 

anthonybzdi

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :