REVIEW – De l’autre côté de l’horizon

LE GOÛT DES CHOSES SIMPLES
4.9

En deux mots :

De l’autre côté de l’horizon est un manga empreint de douceur et de simplicité, très agréable à la lecture aussi bien côté intrigue que visuel.

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De l’autre côté de l’horizon ou Yasashii Hikari de son titre original, est un manga seinen écrit et dessiné par Hinata Nakamura, dont il s’agit de la première oeuvre publiée hors Japon. La série, composée de trois tomes, est sortie au pays du Soleil-Levant en 2018 et en 2021 en France aux éditions Delcourt Tonkam, dans sa collection Moonlight. Cette dernière, lancée en 2019, fait la part belle aux oeuvres pour lesquelles l’émotion est le maître-mot, en dépit de toute classification de genre tels que shōnen, shōjo ou seinen (même si, dans l’ensemble des mangas de la collection, on est clairement sur ce dernier). Mais alors, qu’en est-il de De l’autre côté de l’horizon ? Verdict ci-dessous !

Le pitch

Miyake, jeune salaryman tokyoïte, ne supporte plus sa vie d’employé surmené. Il décide, du jour au lendemain, de tout quitter pour rejoindre l’île de Tsukinowa où il va gérer un petit bureau de poste. La crainte de laisser derrière lui son quotidien bien rangé va se muer en une véritable redécouverte de soi. Une nouvelle vie, en harmonie avec celui qu’il souhaite réellement être, s’ouvre à lui…

Partir un jour

Au début du manga, Miyake, le personnage principal, est à deux doigts du burnout, phénomène malheureusement bien trop fréquent au Japon, et même au-delà. Il vit pour travailler et non l’inverse. Se rendant compte que sa santé aussi bien physique que mentale est en jeu, il décide de faire ce que nombre d’entre nous rêvent de faire : tout plaquer et partir loin de notre zone de confort, en l’occurence ici, un cadre urbain. Il débarque alors sur la jolie et très dépaysante île de Tsukinowa, lui offrant l’occasion parfaite de se ressourcer.

Dans le cadre de sa nouvelle vie, le jeune homme, bien qu’assez peu expressif, se révèle malgré tout attachant et surtout bienveillant. Et si son évolution est agréable à découvrir, c’est aussi grâce à la présence de la famille Watari qui l’accueille et notamment d’Hiyoko. En cela, De l’autre côté de l’horizon fait un peu penser à Barakamon via la relation entre Handa et Naru.

Plus qu’un seinen, le manga est une invitation à l’introspection. En fuyant le rythme effréné de la capitale, Miyake a enfin l’opportunité de se recentrer sur lui-même et sur ce qu’il veut vraiment faire. Loin de la ville, à la campagne (oserais-je dire en province), il retrouve ses sens et les plaisirs simples de la vie. Cela donne à réfléchir à bien des égards, d’autant que l’on peut aisément s’identifier à ses questionnements : a-t-il fait le bon choix ? Ne le regrettera-t-il pas ? Personnellement, j’en doute fort.

La vie est pleine de surprises

À l’image du jeune homme, on s’attache aisément aux habitants de l’île et à la simplicité de leur mode de vie, donnant presque envie de s’y rendre. On prend ainsi plaisir à se retrouver plongé dans leur intimité et leurs pensées les plus profondes tels que le personnage d’Hiyoko en pleine réflexion sur son avenir et sur la vie qu’elle souhaite mener. Ajouté à cela sa gestion plutôt mature de sa situation familiale complexe et vous tenez une protagoniste vraiment attachante. Bonne surprise que je tiens à souligner : sa relation avec Miyake. On est loin du développement prévisible d’une romance naissante entre les deux personnages, et ça, c’est vraiment appréciable.

Au-delà de l’intrigue bien ficelée, je dois absolument vous parler des dessins fabuleux du manga. D’une part, le chara-design, très bon, valorise les expressions faciales, alors particulièrement réussies. D’autre part, l’auteure dispose d’un grand sens du détail, et c’est un sacré atout visuel. Ainsi, l’ombrage réalisé aussi bien sur les personnages que sur les décors, est savamment maîtrisé. Mais surtout, ce qui est le plus bluffant dans les coups de crayon d’Hinata Nakamura, c’est son talent à dessiner les paysages. Ceux-ci sont réalistes à souhait, en particulier la mer et le ciel.

Mon avis sur De l’autre côté de l’horizon

J’ai tout bonnement adoré ce premier volume. Autant j’apprécie les œuvres de la collection Moonlight de Delcourt Tonkam, autant celle-ci sort du lot. Positif et empreint d’une certaine mélancolie, le manga dégage une grande douceur qui fait beaucoup de bien compte tenu des circonstances actuelles. Les messages véhiculés dans De l’autre côté de l’horizon sont beaux, précieux et donnent matière à la réflexion. Bref, vous l’aurez saisi, j’ai hâte de lire la suite, et je vous invite à la lecture de cette jolie oeuvre pleine de poésie et d’espoir.

Anna LESBROS

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