REVIEW – The Penthouse: War in Life

UN SOAP OPERA DE L'EXTRÊME
4.2

En deux mots :

Le drama sud-coréen se veut diablement efficace pour les rebondissements en tout genre, avec des personnages bien tordus et des révélations qui parviennent presque toujours à surprendre.

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Alors que The Penthouse: War in Life a rejoint le catalogue Netflix hier, la rédaction de Katsuuu se devait de revenir sur cette série marquante à bien des égards ! The Penthouse: War in Life est un drama sud-coréen, dont la première saison est sortie en 2020 sur la chaîne SBS. En tout, ce sont 3 saisons qui composent la série pour un total de 48 épisodes d’une durée de plus d’une heure chacun. Porté par le réalisateur Ju Dong-min et la scénariste Kim Sun-ok tous deux connus pour leur travail remarquable sur The Last Empress, le drama a battu des records d’audience dans le pays.

Alors attention, avant toute lecture de cet article, je vous mets en garde : il portera sur les trois saisons de la série et comprendra donc des SPOILERS (je ne vais pas faire les choses à moitié, j’insiste).

Le pitch

Les résidents du Hera Palace, un luxueux gratte-ciel de 100 étages, ont de nombreux secrets et des ambitions cachées. Parmi eux, Shim Su-ryeon, née dans la richesse, est la reine du Penthouse situé au dernier étage. Cheon Seo-jin, la prima donna de la résidence, jalouse de cette dernière, séduit sans scrupules son mari, l’homme d’affaire Joo Dan-tae. Loin du Hera Palace, Oh Yoon-hee, quant à elle, est issue d’un milieu familial pauvre, mais s’efforce d’entrer dans la haute société pour sa fille Ro-na qui souhaite intégrer la prestigieuse école Cheong-ah Arts School.

Ci-dessous la première scène de la série, histoire de vous mettre dans le bain (désolée, c’était facile) :

Amour, gloire et meurtres

Bienvenue dans l’Upper East Side de Manhattan… ah non, pardon, ce n’est pas la bonne série. Le pitch initial du drama sud-coréen, n’est, cela dit, pas très loin de celui de Gossip Girl. La série débute sur l’histoire de familles riches vivant leur meilleure vie et d’une famille pauvre qui, eh bien, subit son statut, jusqu’à ce qu’un rebondissement se produise, révélant des secrets bien cachés jusqu’à présent. Mais la comparaison s’arrête là. En effet, contrairement à la série américaine des années 2000, The Penthouse: War in Life, c’est du jeu de pouvoir, des coups fourrés, un peu de romance, et beaucoup, BEAUCOUP de meurtres.

Cela débute dès le premier épisode, et se poursuit jusqu’au tout dernier. Que ce soit des personnages principaux ou secondaires, les scénaristes n’ont aucune pitié. Ça y passe et pas qu’un peu. La série attise le côté enquêteur des téléspectateurs qui établissent des théories : qui est la victime ? Qui l’a tuée et surtout pourquoi ? Soit beaucoup d’hypothèses et surtout de twists, qui incarnent l’essence même de la série. En effet, contrairement à de nombreux dramas, on retrouve peu de moments lents, la gestion du rythme scénaristique et les rebondissements étant la force principale de The Penthouse: War in Life.

Malgré tout, à faire dans le « toujours plus de twist », le drama se perd parfois dans son scénario. Certaines incohérences s’enchaînent au fil des saisons notamment la dernière qui est, sur ce plan là, une déception. En effet, les facilités sont nombreuses comme le fait que personne (ou presque) ne meurt jamais vraiment, ou encore que les enfants ont quasiment tous des liens de parenté cachés entre eux. Un vrai soap opéra à la sauce coréenne.

La folie des grandeurs

The Penthouse: War in Life, c’est aussi la mise en lumière de la noirceur humaine au travers des nombreux péchés commis par les personnages (même ceux que l’on pense innocents ne le sont pas vraiment). On voit clairement le pouvoir malsain de l’argent et de la gloire pour satisfaire les ambitions des protagonistes. Que ce soit Joo Dan-tae, Shim Su-ryeon ou Oh Yoon-hee, tous sont prêts à tout pour atteindre leurs objectifs quitte à trahir leurs pairs ou commettre des crimes. Leur avidité n’a pas de limite, en témoigne le personnage de Seo-jin qui est la définition même de ce mot.

Dit comme ça, tous les personnages apparaissent comme des monstres : alors oui, Joo Dan-tae, incarne LE méchant par excellence (à noter la consonance de son nom très proche de Dante), et la plupart des personnages s’avèrent en effet être des psychopathes. Mais heureusement, certains évoluent, en témoignent Je-ni ou encore Seok-hoon qui paraissent bien plus humains à partir de la saison 2. Dans cette saison d’ailleurs, chaque protagoniste a droit à son développement, notamment les enfants. Celui d’Eun-byeol m’a notamment bluffée.

Incarner des personnages pareils demande un casting de premier choix. Et en effet : quelle distribution ! Les acteurs principaux ont bien saisi l’essence même de leurs rôles respectifs et donnent des interprétations au sommet. Mention spéciale pour les actrices Kim So-yeon (Seo-jin), et Kim Hyeon-soo (Ro-na) qui, tout au long de la série, ne cessent de nous impressionner par leur talent.

Et au final, comment ça se termine ?

Après moult histoires rocambolesques de jumeaux, de fausses morts et de révélations dramatiques, The Penthouse: War in Life s’est achevé en septembre dernier. Et pour ce final, les téléspectateurs ont eu droit à du grand Penthouse dans toute sa splendeur. C’est simple : presque tous les adultes sont morts. Ou en prison. Voilà, voilà. Pour vous dire, c’est la première fois dans un drama que je vois quasiment tous les personnages principaux mourir. C’est encore pire que Moon Lovers: Scarlet Heart Ryeo pour ceux qui ont la référence.

Cependant, ces morts ne sont pas toujours très bien justifiées, en témoigne celle de Su-ryeon : en effet, l’épisode final est, à mon sens, un énorme contresens à la personnalité de l’héroïne. On parle d’une maman protectrice à tendance psychopathe qui découvre tout à coup qu’elle ne peut pas encaisser toutes les morts qu’elle a causées et qui préfère donc… se suicider. Cela au détriment de ses enfants (dont une handicapée à l’étranger ne l’oublions pas) et sa responsabilité envers Ro-na qui effectivement a perdu ses deux parents indirectement à cause d’elle. WTF. Et bien sûr, pour en rajouter une couche, son amant (avec qui la relation est quand même border) la suit dans la mort tel Roméo pour Juliette. Mouais.

Vous voyez ces gens ? Ben la plupart ne sont plus là !

Ce qui est intéressant avec ce final, c’est le parallèle entre le destin des adultes et celui de leurs enfants. Tout au long de la série, on suit les deux générations, qui sont finalement assez semblables. Pourtant, à la fin, les Hera Kids s’en sortent globalement bien tout en gardant à l’esprit la mort de certains personnages. Ainsi on voit Seok-hyunk qui a adapté le style de vie et vestimentaire de sa jumelle décédée et Eun-byeol qui a la même cicatrice qu’Oh Yoon-hee au début de la série.

Mon avis sur The Penthouse: War in Life

The Penthouse: War in Life est une série qui rend vraiment addictif. Dans mon cas, j’ai enchaîné les trois saisons en très peu de temps. Si au début j’avais un peu de mal avec son côté soap opera de l’extrême, j’ai fini par devenir impatiente de connaître la suite des événements. Clairement, le drama ne laisse pas indifférent. Je ne compte pas combien de fois j’ai insulté un personnage, pleuré pour un autre ou ri d’une situation grotesque.

Si les deux premières saisons étaient globalement bien ficelées, la troisième est un cran en dessous. Néanmoins, je vous recommande ce drama qui révèle, sous forme parodique, le poids de la richesse et de la corruption au sein des hautes sphères de la société sud-coréenne. Si vous avez aimé la série, je vous recommande Sky Castle, qui est plus ou moins du même acabit.

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