REVIEW – Vivy -Fluorite Eye’s Song-

UN ANIME VISUELLEMENT MAÎTRISÉ MAIS TROP CLASSIQUE ET RÉPÉTITIF
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En deux mots :

Une réalisation soignée, des scènes d’action réalistes et sensationnelles, mais une histoire trop classique pour contenter les fans de SF.

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Dans l’histoire de l’animation japonaise, Ghost In The Shell restera comme la référence SF incontournable et indépassable. Malgré le poids de cette majestueuse et écrasante référence, certaines œuvres tentent tant bien que mal de se frayer un chemin dans le genre SF, en sortant des sentiers battus du genre Mecha qui a fait le succès de franchises comme Mobile Suit Gundam, Neon Genesis Evangelion, Code Geass ou plus récemment SSSS Dynazanon. Et il est plutôt rare de voir des séries anime originales, non adaptées de manga, s’essayer à l’exercice. C’est ce qu’a tenté l’anime Vivy -Fluorite Eye’s Song-  du Studio Wit, bien connu pour son travail sur les trois premières saisons de L’Attaque des Titans. L’anime est disponible sur Wakanim.

Le pitch

L’histoire de Vivy -Fluorite Eye’s Song- se déroule dans un futur proche où les humains vivent avec des artilects, des intelligences artificielles androïdes, chacune conçue avec un but existentiel et individuel dont l’intérêt partagé est de servir l’humanité. Mais en l’an 2061, les artilects se rebellent brutalement contre leurs créateurs et se mettent à tuer les humains.

Afin de sauver le monde de cette catastrophe, un scientifique acculé dans son centre de recherche, le Dr Matsumoto, envoie une intelligence artificielle cent ans dans le passé. Matsumoto convainc alors Vivy, le premier artilect autonome de l’histoire, dont la mission est d’apporter le bonheur aux gens en chantant, de collaborer avec lui pour infléchir le cours de l’histoire.

Pour l’originalité, on repassera

Le pitch de Vivy -Fluorite Eye’s Song- n’est pas sans rappeler le classique de James Cameron, Terminator, ou la récente série Westword qui mettait également en scène le syndrome de Frankenstein ou la révolte des robots contre leurs créateurs.

Du déjà vu donc, qui se distingue toutefois par la temporalité de l’action puisque les protagonistes ne devront pas seulement changer un événement crucial et fondateur, mais une série d’événements qui se dérouleront sur une période d’un siècle. Vivy -Fluorite Eye’s Song- est donc l’histoire d’une mission s’étalant sur des décennies ce qui, inexorablement, aura un impact sur la constellation des personnages gravitant autour des deux protagonistes.

Le point fort : une réalisation soignée

Ce qui frappe d’emblée, c’est le soin apporté à la réalisation. Si le chara design est somme toute classique, tout le savoir-faire du studio Wit se révèle dans les scènes d’action, avec des fusillades et des combats au corps à corps extrêmement fluides et réalistes. Vivy ayant assimilé des programmes de combats, ce savoir-faire est mis en avant lors des différentes confrontations avec ses adversaires, certaines scènes ayant la saveur et le réalisme de films d’arts martiaux.

Un réalisme rare pour une série anime, et fort appréciable. On s’étonnera toutefois qu’un robot destiné à chanter soit en mesure de développer de telles compétences… Malgré ses qualités visuelles et graphiques, Vivy -Fluorite Eye’s Song- pèche par de trop nombreuses incohérences et facilités scénaristiques qui viennent gâter une histoire qui souffrait déjà de son manque d’originalité.

Une histoire beaucoup trop répétitive

Si le choix d’étaler l’action sur plusieurs siècles offrait l’opportunité de faire évoluer les personnages et les enjeux de l’intrigue, cette dimension n’a toutefois pas été suffisamment exploitée. Que ce soient en termes de missions ou de personnages, les changements apparaissent mineurs au cours des décennies, si ce n’est l’amnésie de Vivy qui n’apporte finalement pas grand-chose à l’histoire et sert principalement le questionnement philosophique de comptoir de la série.

Même le twist de fin ne parvient pas à changer la physionomie narrative de la série puisque le dernier arc s’apparentera à une dernière mission assignée à Vivy. Ainsi, on ne peut se détacher d’un sentiment de répétition et de lassitude tout au long des épisodes, qui se résument le plus souvent à la réapparition de Matsumoto et l’assignation d’une nouvelle mission.

Un manque de crédibilité qui nuit à l’ensemble

La temporalité de la série aurait également dû servir la construction de l’univers pour illustrer l’évolution technologique de ce monde futuriste et poser la problématique de l’obsolescence de Vivy. Si Matsumoto vient du futur, ce qui justifie son avance technologique sur les androïdes du présent (et offre par la même occasion de nombreuses facilités scénaristiques pour déjouer nombre d’obstacles), on s’étonnera que des décennies plus tard, Vivy soit toujours aussi efficiente et capable de rivaliser avec les artilects les plus récents.

Dans un monde où la technologie paraît si avancée, on peine à comprendre comment Vivy peut continuer d’évoluer sans être dépassée technologiquement en quelques années. Comme si l’iPhone 3 pouvait encore rivaliser avec l’iPhone 13.

La grosse ficelle de la thématique existentielle

SF oblige, la série est traversée par une problématique existentielle centrale et récurrente qui n’est pas sans rappeler celle des grands classiques du genre, et notamment de Ghost in the Shell : qu’est-ce qui distingue l’homme du robot ? Ou, recontextualisé dans l’univers de Vivy -Fluorite Eye’s Song-, qu’est-ce que donner du cœur à une chanson ?

N’est-ce pas l’apanage de l’homme que de mettre des sentiments dans le chant ? Un robot pourra-t-il insuffler de tels sentiments ? Et dans ce cas, cela signifierait-il qu’il a une âme ? Une problématique existentielle classique, pour ne pas dire éculée, qui est esquissée ici avec la finesse d’un marteau-piqueur et assénée à chaque épisode.

Mon avis sur Vivy -Fluorite Eye’s Song-

Vivy -Fluorite Eye’s Song- n’est pas la pépite annoncée. Malgré la qualité indéniable de l’animation, l’ensemble déçoit. Certes, les 13 épisodes sont dans l’ensemble plaisants, mais la série, arc-boutée sur des thématiques éculées, échoue à renouveler un temps soit peu le genre. 

Thomas Osorio

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