TEST – Kena : Bridges of Spirit, le Rot de travers ?

LA PREMIÈRE CLAQUE NEXT-GEN ?
4

En deux mots :

Premier titre d’une nouvelle licence, Kena : Bridges of Spirit met l’eau à la bouche et donne envie d’en découvrir plus. Magnifique expérience de 10-15h, elle n’est pour autant pas à mettre entre toutes les mains !

S’il y a bien un jeu qui avait retenu l’attention de tous lors de l’annonce de la PlayStation 5, c’était bien Kena ! À raison ou à tort ? On en parle !

Kena: Bridge of Spirits est un jeu vidéo d’action et d’aventure développé et édité par Ember Lab (pour qui il s’agit du tout premier jeu en tant que studio), sorti le 21 septembre 2021 sur PC, PlayStation 4 et PlayStation 5.

Un film d’animation jouable

Si vous avez vu ne serait-ce qu’un teaser ou trailer passer, vous savez très bien de quoi nous allons parler. Kena : Bridges of Spirit (que je raccourcirai par Kena) propose une direction artistique incroyable. Si celle-ci peut sembler déjà vue, sa réalisation frôle objectivement la perfection.

D’un côté, le design des personnages, comme des rots, est simple mais d’une efficacité folle. De l’autre, le titre offre des paysages d’une beauté dingue. Kena donne l’impression de pouvoir rentrer dans un film d’animation Pixar et de prendre le contrôle d’un de ses personnages. Bref, les graphismes sont fins et à tomber. Il n’y a pas 36 000 façons de le dire. Je pourrais bien essayer, mais ce serait trop long.

village Kena

L’univers, à la fois cartoon, à mi-chemin entre onirisme japonais et tradition viking, fonctionne à merveille. L’open world (dont il faut débloquer les zones une à une) se parcourt assez facilement et agréablement. On regrettera peut-être simplement le fait que Kena puisse courir mais pas nager rapidement. Ce qui reste anecdotique.

Mention spéciale toutefois, puisque nous abordons la partie créative, à la bande originale qui est tout simplement parfaite. Adaptée à chaque situation, elle apporte une épaisseur épique indéniable au titre. Elle permet même de plonger intégralement le joueur dans le jeu, malgré quelques répétitions çà et là.

Un gameplay complet mais répétitif

Armée d’un bâton magique, Kena peut frapper, tirer à l’arc ou envoyer des bombes d’énergie. Accompagnée des rots, petits êtres magiques qui font clairement penser aux noiraudes (susuwatari) croisées dans Mon Voisin Totoro des studios Ghibli, elle peut demander à ses compagnons de réaliser toutes sortes d’actions. Les rots vont ainsi pouvoir restaurer l’univers qui les entoure, aider Kena à résoudre des énigmes, vider des pots afin de remplir les poches de la jeune fille, etc. Les rots permettent aussi à Kena d’utiliser leur énergie afin d’augmenter la portée de ses attaques. Mais attention, à la découverte d’un ennemi, les rots sont effrayés. Il faudra donc que Kena commence par attaquer ses opposants pour que les rots se sentent en confiance et viennent à la rescousse de notre héroine. Kena, qui va récupérer des cristaux sur son chemin pourra débloquer de nouvelles attaques, de nouvelles compétences.

Malgré tous ces éléments qui peuvent donner l’impression d’un gameplay riche et varié (ce qui n’est pas faux) ce sont les mécaniques de jeu, elles-mêmes, qui présentent un aspect particulièrement répétitif. Si pour ma part, ce point ne m’a pas dérangé, il est vrai que le jeu suit un schéma toujours similaire. En effet, Kena alterne entre des phases d’exploration, affronte des hordes d’ennemis, puis d’exploration et enfin affronte un mini-boss. Répétez trois fois l’opération pour débloquer un boss de niveau qui vous permet de libérer une pauvre âme en perdition.

Kena feu
Kena: Bridge of Spirits_20210928092831

Kena : Bridges of Spirit, le premier vrai jeu PS5 ?

Visuellement, le titre est beau à s’en damner. C’est un fait.
De son côté, la manette n’est pas trop mal mise en valeur. Si son utilisation reste discrète, elle n’est pas moins intéressante. Nous noterons quelques effets de vibration sympathiques et des gâchettes pertinentes (surtout à l’arc, sans surprise). Disons les choses : Ember Lab aurait pu faire mieux de ce côté-là.

Si on se tourne vers le SSD de la PS5, il permet des chargements immédiats. Ce qui n’est pas négligeable car vous allez mourir. Assez souvent. Pas autant que dans un Demon’s Souls (je me passerai d’ailleurs de comparer les deux jeux en soulignant que Kena : Bridges of Spirit se rapproche d’un Souls dans ses combats – parce que non. Voilà. Ce n’est pas parce qu’un jeu est un peu dur qu’il se “Souls-ise”).
Toutefois, oui, le titre s’avère être parfois assez exigeant. À titre de comparaison, il se rapproche, en termes de difficulté, d’un God of War. Je l’avoue bien honnêtement : certains boss m’ont clairement donné du fil à retordre. Pour autant, cette difficulté est absolument la bienvenue dans la mesure où elle n’est pas du tout bloquante à l’évolution du joueur.

Kena arbre de compétences

Une durée de vie problématique ?

La durée totale du jeu tourne autour de 10 à 15 heures pour terminer le jeu. Voilà, c’est dit.
Maintenant, si vous souhaiter terminer le jeu à 100%, retrouver tous les Rots cachés, résoudre toutes les énigmes, vous pouvez aller jusqu’à 20h. Est-ce un problème ? À mon sens, pas du tout. Tout dépend de la façon dont on choisit de considérer le jeu.

Selon moi, il ne s’agit pas d’un jeu fini vendu 40€ mais plutôt du premier épisode d’une potentielle longue lignée. Avec Kena : Bridges of Spirit, Ember Lab propose ici son premier titre. C’est une bonne chose pour le studio de pouvoir “tester” la façon dont Kena allait être reçue par les joueurs, mais aussi “tester” la rentabilité de son jeu en investissant moins que sur un titre de 40h. C’est mieux pour les joueurs qui peuvent ainsi jouer plus souvent. Préférez-vous les films ou les séries ? La question à se poser ici est selon moi la même. Et pourtant, j’aurais aimé que le jeu dure plus longtemps, entendons-nous bien. Mais avec ses mécaniques répétitives et son pitch bâclé, autant en avoir fait un jeu d’intro. Mais c’est un avis personnel, je le reconnais.

Kena pluie

Mon avis sur Kena : Bridges of Spirit sur PS5

Kena : Bridges of Spirit est beau. Incroyablement beau. Grâce à sa direction artistique, ses designs, sa bande-originale et son gameplay au poil, le titre se présente immédiatement comme une référence. Le titre n’en est pour autant pas dénué de défauts. Trop court (et encore une fois, dans un sens, heureusement !), trop répétitif et peu sublimé par son arc narratif, Kena : Bridges of Spirit a, à mon sens, plus à donner. Heureusement, l’univers, très riche, porte de nombreuses promesses sur d’éventuelles suites.

Hadrien JACOBEE BOISBOUVIER

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de Katsuuu (ex-My Geek Actu). Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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